La semaine passée, je suis allé cueillir l'ineffable Lutin à l'école. Sortant de là, nous devisions joyeusement sur la journée que venait d'y vivre ma charmante progéniture. Ces précieux moments me remplissent toujours de bonheur. Au détour de la conversation, alors que je lui demandais ce qu'il avait retenu d'intéressant et pertinent, il s'esclaffa.
- On a parlé de démocratie!
Je le regardai stupéfait, ébahi; puis avec le même entrain, le rire en travers de la gorge la petite peste lâcha:
- Bin non! J'te niaise!!!!!!!!
J'éclatai d'un grand rire en pensant en mon for intérieur que la pomme ne tombait jamais bien loin de l'arbre. Dans le peu de froid que nous offrait l'hiver 2012, nous avons continué à marcher et à jaser. Je posai une question à mon lumineux fils.
- Toi, Lutin qu'est-ce que t'en pense de la démocratie?
Il me regarda, pris une grande respiration, puis dans un souffle une sage tirade passa entre ses lèvres juvéniles.
- Tsé Papa, te rappelles-tu de Jack Layton? Celui pour qui j'aurais voté si j'avais eu l'âge, tsé là, le beau vieux monsieur avec une belle moustache pour qui tout le monde a voté... bin yé mort. La démocratie, ça tue. Papa, faut faire bin attention.
Je secouais sa petite tête enfouie dans sa tuque avec une visière bleue. Le Lutin était une inépuisable et rafraichissante source de vérité et de sagesse pétillante de bon sens. Respect.

