vendredi 12 octobre 2012

Du sperme et du sang.






Au début du mois d’août notre bon Premier Sinistre, l’infâme John James, déclenchait des élections. Sur fond de crise étudiante, de crise sociale rapidement évacuées  du débat politique, le Québec allait aux urnes. Or, depuis le début de cette estivale campagne électorale, ton blogueur favori a tâté du cynisme de ses compatriotes. Il était gros! Impressionnant! Empruntant les largesses du tour de taille du bon Docteur Barette, que dis-je, aussi gros et hypertrophié que l’égo de l’incorruptible Duchesneau, le cynisme s’exprime souvent à travers un tollé au boycott du vote. Cet appel prend souvent la forme d’un slogan anarcho-végé-tantrique : Élections piège à cons.


Pardon!?!? Hein!?!?!? Ouate de phoque!?!?!?! Les choses étant ce qu’elles sont, ma vie étant la mienne, remplie de bruyant show ponque-croque, d’utilisation abusive de casques d’écoute,  mon ouïe n’a plus l’acuité qu’elle avait,  de sorte que la première fois que ton blogueur d’amour a entendu le dit slogan, il a plutôt ouï : Érections pièges à cons.  Les jokes de pipi, caca, foune pouette m’ont toujours fait rire. Celle-là encore plus, vu que ce bon Stephen Harpeur prononce toujours érection au lieu d’élection, à croire qu’il fait une fixation sur les bandaisons.  Ceci étant écrit, cela étant lu, laisse-moi donc te raconter ma journée d’élection ou d’érection…


Le soleil brillait de tous ses feux. J’étais grognon. J’en avais assez du soleil, de la chaleur, de la sueur, alouette! Quoi qu’il en soit, je me résignais à aller faire mon devoir de bon citoyen. Je détestais cette idée de devoir et de responsabilité. J’ai toujours voté dans la joie et l’expectative de voir ce qui arriverait. Un peu comme quand tu fais un mauvais coup pis que t’as hâte de voir le résultat.  C’était donc avec l’espièglerie au cœur,  que d’un pas allègre j’allais enfin être un bon citoyen!


Irradié par les rayons de l’astre de feu, j’arrivais énergisé à l’école primaire où se tenait l’élection dans le comté d’Hochelaga-Maisonneuve. Un gentil  bénévole m’a accueilli  en souriant. Une longue file d’électeurs empruntait l’escalier de terrazo  jusqu’au cœur de l’école,  siège des émotions démocratiques. Soudain, au bas du palier un autre bénévole à moustache a crié, 69! Bureau 69! Bingo! Bingo! Ai-je répondu gaiment. Par ici, monsieur. Je passais devant tout le monde suivant les indications du moustachu qui me dirigeait vers la table 69.

Une curieuse odeur de renfermé mêlée à celle des  sueurs politiques flottait dans le gymnase, la poussière virevoltait dans les airs, la table 69 m’attendait au fond de l’aire de jeu. Baignée par la lumière, radieuse, arborant un chandail à tête de loup déformée par une opulente poitrine et portant fièrement sa coupe de cheveux asymétrique rappelant vaguement les infernales  années 80,  Cindy la plantureuse et  angélique  lesbienne briseuse de cœurs souriait béatement. Parlant cœur, le mien venait frapper le carré rouge que la scrutatrice d’Hochelaga m’avait tatoué en avril. Pour être franc, il n’y avait pas que ma vieille pompe à hémoglobine qui s’activait. Bien que converti  à l’ascétisme et  aux vertus bouddhiques du punk, je sentais mon infâme membre viril qui pulsait dans mon slip trop troué.  


Arrivé devant cette satanée table, j’ai présenté mon carton d’électeur et une pièce d’identité. Tandis que ses collègues vérifiaient que j’étais bien l’humble Flash Gordon que j’étais sur la liste. Nos regards se sont croisés. En fait, ils ont fusionné dans un arc électrique seulement visible par nous. Shazzzzam! Alors que Germaine me tendait mon bulletin de vote, je ne quittais pas Cindy des yeux. Je me retrouvais derrière l’isoloir. Je dépliais mon bulletin de vote. Merde! Je n’avais pas pris l’esti de crayon officiel! En plus, j’étais finalement bandé comme un bouc. En fait, cette érection prenait tout l’espace disponible dans mon bermuda cargo, à tel point que je craignais qu’elle s’en échappe! La peur au visage j’ai sorti ma tête de derrière l’isoloir. Pssit! Pssit! Pssit! Cindy! Ma belle Cindy passe moi un crayon s’il te plaît, ai-je innocemment supplié. Sans le vouloir, je venais de déclencher une série d’événements qui rendraient à tout jamais mon exercice du vote lubrique, érotique et erratique.


L’expression érection piège à cons allait prendre tout son sens. Ma lesbienne végétarienne préférée s’est levée pour me donner de quoi faire des beaux X. Son sourire coquin accroché à ses lèvres pulpeuses et ses yeux bleus luxure venaient de m’achever. J’étais une érection! Bâton de dynamite au bord de l’explosion. J’ai pris le crayon mes doigts frôlant ceux de ma divine Cindy. J’étais sur le point de m’évanouir lorsqu’elle m’a posé cette simple question en portant son regard lubriquement affamé  sur l’origine de mon malaise. Es-tu content de me voir ou t’es juste bandé de voter? Pour toute réponse j’ai voté pour le candidat debout et orangé puis j’ai déposé mes lèvres contre les siennes en m’agrippant à la tête de loup de son chandail.  La suite serait épique, rien de moins.


En moins de temps qu’il ne le fallait pour égrener un chapelet un soir d’érection, Cindy avait libéré mon vit au gland turgescent pour le branler vigoureusement un peu comme ces travailleuses asiatiques exploitées qui vérifie les vibromasseurs à sonnettes en les secouant énergiquement. Après avoir dégrafé son soutif pour pincer ses mamelons pour lui prouver qu’elle ne rêvait pas, je relevais la jupe de ma compagne. Quelle drôle d’idée! Elle portait une tite culotte! Au point où j’étais rendu ce n’était pas une petite barrière de textile qui allait m’arrêter…  J’écartais donc la culotte aux têtes de morts. Du bout des doigts, je sentais la chaleur et la moiteur du sexe de ma végétarienne d’amour. Cindy s’est alors penchée, puis appuyée sur la table derrière l’isoloir. Mon  gland toujours turgescent se trouvait sur le bord de cet antre humide de plaisir. Elle a cambré les fesses et d’un coup de hanche plutôt rock, je l’ai pénétré profondément. Mon vit s’est enfoncé dans son con. Je continuais à rocker des hanches. Mon pieu entrait et sortait dans un pervers va et vient. Je commençais à comprendre l’expression piège à con alors que Cindy gémissait animalement.  Ma tête dépassait de l’isoloir et je m’activais,  toujours à soulager mon érection dans le con de cette curieuse fille aux cheveux de feu. Il y avait du sport! Yéa! On a beau dire mais quand on se fait aller la trique dans un con bien juteux, ça devient aussi excitant que sportif. L’isoloir était tombé. Je continuais à besogner Cindy résolument, ce faisant j’avais attrapé ses généreux seins pour lui en titiller les bouts. Elle s’agrippait à la table. J’ai envoyé un clin d’œil à ma compagne. C’est à ce moment là que j’ai remarqué qu’autour de moi ça s’activait solide aussi.


Le moustachu embrassait Germaine à bouche que veux-tu tout en malaxant sa poitrine! À la table d’à côté les deux scrutateurs avaient dégainé leurs verges et s’astiquaient mutuellement le manche. À l’entrée du gymnase, je voyais une gang de libéraux s’activer sur des électeurs. Je peux t’affirmer qu’ils étaient libéraux car ils enculaient les votants sans lubrifiant. Plus loin, des péquisses les imitaient ajoutant seulement un peu de beurre du Québec. Ça c’était du vote stratégique! Deux caquisses à casque s’adonnaient à un 69 que n’aurait pas renié leur comptable de chef. Des gémissements, des cris, des bruits lubriques, des pops, des zoukezouks s’élevaient dans Hochelaga-Maisonneuve. Cette symphonie sexuelle devenait la trame sonore du vote. Dans un coin, ça forniquait, dans l’autre on s’embrassait. Il n’y avait pas à dire,  les érections attiraient les cons pour le meilleur et le pire de la démocratie québécoise.


Je faisais corps avec Cindy. Mes mouvements étaient siens, mes mains étaient seins. Nous ondulions de plaisir. L’excitation atteignait un point de non-retour. Nous explosions! Dans un cri conjoint de jouissance, mon vit emplissait de semence le con de ma partenaire. Puis, c’était la queue encore dégoulinante que je déposais mon bulletin de vote dans la boîte. Sous la table, emboîtés l’un dans l’autre, le moustachu et Germaine s’amusaient ferme.  J’embrassais Cindy en m’excusant pour mon piège à con. Je traversais le gymnase enjambant des couples, des trios, des familles politiques et de fiévreux adeptes de l’onanisme. Dans l’escalier on se bousculait, tout le monde voulait jouir de la démocratie. Fraîchement converti aux joies du punk bouddhisme, je quittais l’école avec le sentiment d’avoir plaisamment fait corps avec ce que la démocratie québécoise avait de mieux à m’offrir. Finalement, les anarcho-végé-tantriques avaient raison : Érections piège à cons!


Quelques minutes plus tard, j’arrivais chez moi en souriant comme un dalaï-lama tatoué à crête. Dring! Dring! Dring! Le téléphone ne cessait sa plainte qu’au moment où je décrochais le combiné. C’était mon amie Petit-Loup! Je l’invitais à regarder la soirée électorale. Elle serait sportive! C’était sûr! Les diseuses de bonnes aventures, les sondeurs, les prophètes, les oracles et tous les journalistes et journaleux le prédisaient.


En début de soirée,  Petit-Loup est enfin arrivée. C’était toujours un plaisir immense que de la côtoyer.  Nous avons débouché une bouteille de gros rouge qui tache pour agrémenter cette soirée électorale. Crisse qu’on était festifs! Yéa! Assis sur ma spacieuse terrasse, Petit-Loup en grillait une et nous regardions les volutes de fumée en discutant de nos préférences en matière de couleurs électorales.  Soudain, ma Sympathique Voisine, attirée par notre brillante conversation, s’est jointe à nous.  Comme un trio d’analystes politiques nous avons donc continué à spéculer sur l’issue de cette journée électorale. Un dingue dong est venu me couper la parole. J’allais ouvrir la porte au livreur de pizzas. Je soulageais le pauvre homme de son fardeau en le payant alors qu’il prédisait une victoire de Fanfois Lego et de ses ti casques. Je racontais l’anecdote à mes deux compagnes tout en leur servant de la chaude pizza.


Après avoir dévoré notre pizza livrée par le petit cousin intellectuel de Gérard Deltell, nous sommes passés au salon, non sans avoir rempli nos verres de vin. Patrice Roy n’avait pas la voix, le flegme et le sex appeal de Bernard Derhum’n’coke, mais Petit Loup comme Sympathique Voisine n’en avaient cure puisqu’emportées sur une discussion sur le choix de société qui s’offrait à nous tous. Pour ma part, tant qu’il y avait du vin je considérais qu’il y avait de l’espoir.

De l’espérance il y en eu, alors que nous étions retournés nous aérer sur ma terrasse la pluie s’est mise à tomber. Cette pluie que nous n’avions pas vue de tout l’été me semblait aussi purificatrice que cette élection à la con. J’avais la futile et naïve impression que cette averse nettoierait ma belle Province. De purification, elle avait désespérément besoin. Donc, la pluie tombait et abreuvait enfin la terre desséchée. Parlant sécheresse, nos gosiers déshydratés réclamaient leurs doses de liquide, je remplissais nos verres et nous nous sommes tous retrouvés devant le téléviseur à regarder tout autant que commenter le spectacle électoral. 


Observer les résultats d’une aussi importante que symbolique élection à la télé c’était une balade en montagne russe émotive. Nous sommes montés dans les hautes sphères euphoriques de la joie à l’annonce de la victoire d’Amir et Françoise.  Puis, une effrayante chute nous a terrorisés chaque fois qu’un caca caquisse gagnait. Un réconfortant soulagement nous enveloppait quand un péquisse plantait un libéral. L’impression de déraillement offrait une pression constante à ce tour de manège politique. Les hauts le cœur se bousculaient dans nos gorges nouées d’inquiétude. La tendance se maintenait selon Patrice Roy, on aurait un gouvernement péquisse minoritaire. Nous revenions à notre point de départ alors qu’une femme prenait les commandes du manège enchanté qu’était le Québec. Je versais une tite larme comme mes deux invitées. C’était pas tous les jours qu’on avait une Première Sinistre…


Mes invitées ne jouissaient pas, comme leur chaleureux mais plutôt éméché hôte du statut de chômeur. Leurs obligations professionnelles tout autant que les bras de Morphée les réclamaient à grand cri de bâillements émus. Après échange de câlins et de chastes bises, Petit Loup et Sympathique Voisine m’ont donc laissé seul avec Patrice. La pluie tombait de plus belle. L’air était lourd comme les sombres rideaux de velours du tragique théâtre de notre démocratie agonisante


Histoire de digérer les tristes résultats de cette élection, qui avait tout de même donnée 50 sièges aux Libéraux dont il semblait qu’on ne serait jamais tout à fait libérer, je me servais un scotch que j’accompagnais d’une bière solitaire et  solidaire. La télé me montrait une Pauline radieuse qui discourait. Je sifflais mon scotch. Hop là! J’entamais ma douce bière quand deux gars sortis de L’agent fait la farce ont agrippé notre nouvelle Première Sinistre pour la sortir de scène. Leslie Nielsen était pourtant mort depuis 2010! La confusion régnait sur scène alors que Patrice Roy bafouillait aussi bien que ce bon vieux Derhum’n’coke.

La confusion faisait tranquillement place à l’horreur alors que l’on pouvait voir l’arrière train du Métropolis en flamme et que l’on annonçait que des coups de feu avaient été tirés. En fait, on le confirmait tandis qu’Yves Desgagnés arborait son sourire toasté des deux bords. La brillance de ses dents blanches n’ont pas suffit à éclaircir les ténèbres qui enveloppait d’un épais mystère le Québec entier. Soudainement, mon téléviseur montrait un hurluberlu à cagoule qui hurlait : Les Anglos se réveillent! Les Anglos se réveillent! Les Anglos se réveillent!


Pardon!?!? Hein!?!?!? Ouate de phoque!?!?!?! Les Anglos se réveillaient!?!?!?! Z’avaient enfin compris!?!?!? Compris qu’ils sont privilégiés d’avoir des soins de santé, de l’éducation et des services de toutes sortes dans leur langue maternelle.Je rêvais! J’hallucinais! Je fantasmais! Après seulement une heure de gouvernement péquisse à Pauline, ils avaient compris ce que de multiples années de lutte indépendantiste n’avaient réussi. Je jubilais de confusion et d’euphorie dans mon salon. Je dansais une tite gigue de bonheur. Mais,  cela a été de courte durée. J’ai été frappé par la dure réalité. Glou! Glou! Glou! 


Hein!?!?!? Ouate de phoque!?!?!?! Quoi encore!?!?!?  Glou! Glou! Glou!  Le sang coulait. Ce fou clamait le réveil des Anglos alors que le sang coulait. Glou! Glou! Glou! Ce dément était responsable.  Il y avait eu mort d’homme. J’osais espérer que ce n’était pas un réveil sanglant que les Anglos souhaitaient. Le sang coulait. Glou! Glou! Glou! L’hémoglobine engluait à tout jamais dans nos mémoires le souvenir de cette funeste soirée. Ce n’était pas qu’une figure de style. Glou! Glou! Glou!  Le sang jaillissait! Fontaine de sang,  mon téléviseur suintait de liquide rouge, épais, ferreux et froid. Glou! Glou! Glou!   Ça dégoulinait, je ne voyais plus clair. Il y en avait partout. La télé balbutiait dans les globules rouges. J’avais les pieds dans le sang. Le Québec baignait dans le sang. Puis,  je me suis mis à songer que si je te racontais ça, tu me dirais que c’était juste de la délirante littérature. À mon grand désarroi, la réalité dépassait toujours la fiction, mais jamais, au grand jamais pour le mieux.  Ainsi, une funeste tragédie nous guettait toujours. Esti! Leloup avait raison! Le monde était à pleurer. Je contenais malgré tout mes larmes, de peur,  qu’elles soient de sang.






mardi 31 juillet 2012

Il fait le sot en politique!

Mon cher lectorat d’amour, tu croyais que j’étais mort? Pantoute!  J’hibernais. Je te sens à l’affût. Quoi!?!?!? Tu me dis que l’hibernation se fait en hiver. Je suis un animal étrange, m’enferme dans ma caverne quand le cœur m’en dit. Au printemps, à l’été, à l’automne et même en l’hiver! Comme je n’ai rien à cirer des normes et conventions de l’hibernation, je m’y vautre lorsque ça me chante   et surtout m’en sors au gré des stimuli qui titillent mes sens. Ces derniers temps une forte odeur de matière fécale libérale  embaume tout l’air de la belle province. Ainsi, le parfum de la marde m’a joyeusement sorti de ma léthargie! Merci au chat! Je te sens perplexe. Quel chat!?!?!? Pas de litière à l’horizon!  Ouvre bien les yeux, sers toi ton breuvage frais préféré, je t’explique!


Aujourd’hui, le chat est sorti du sac et c’en était un honnête. En effet, il est rare qu’on entende que kekun fasse le sot en politique. Pourtant, ce matin, le gargantuesque Docteur Barrette dont l’égo est proportionnel à son humble tour de taille,  l’a fait. 1, 2, 3, GO! On fait les sots en politique! Hiiii! Ha!


Ça me remplit de bonheur! La candeur et l’intégrité combinées à la bêtise combleront certainement les électeurs de Terrebonne. Faut pas oublier que le bon candidat est radiologiste et président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. C’est tout simplement fantastique! Un médecin! En plus un de ceux qui fait tourner Hippocrate dans sa tombe! Yéa! De plus, il a de l’expérience!  Il fait le sot depuis longtemps! Toujours prêt à se mettre devant un kodak pour briller de tous les feux de la sottise! Réjouissant! Aussi, comme à son habitude, il défèque sur les omnipraticiens probablement pour permettre aux spécialistes de faire plus de fric. Les pauvres. Quel homme incroyable!


C’est donc sans surprise aucune que je le vois porter les couleurs de la CAQ. Les grands esprits finissent toujours par se retrouver coincer dans la même bécosse intellectuelle, politique et éthique. C’est bien. Ça permet de bien saisir l’essence et la substance de leur pensée qui n’a rien à envier aux déjections que tu te plais à laisser tomber au cabinet d’aisance.


Loin de moi l’idée d’influencer ton vote. Non! Je t’invite seulement, à tout le moins, à aller voter.  Fais ton x du côté où tu sentiras moins le caca… J’espère que les vents souffleront du bon côté le 4 septembre prochain. En attendant, je t’offre de la meuzik pour agrémenter ta réflexion politique.








dimanche 13 mai 2012

Fête des Maires.










J'ai croisé l'inévitable Tony Accurso. Il souriait en signe de piastres à l'idée d'offrir des croisières sur le somptueux Touch aux maires de la belle Province. Le prospère homme d'affaires déclara qu'à l'occasion de la Fête des Maires, il pouvait bien gâter ses amis politiciens municipaux. J'ai alors compris que la maîtrise du français de Tony était inversement proportionnel à sa capacité à faire du fric. Étant donné ses récents déboires avec la justice, je lui ai dit: Écoute Tony, Tony, écoute... tu confonds maires et mères. Tu mêles Mama avec Gérald ou Régis... 'Tention Tony! Tu vas encore te mettre dans le trouble! Tsé, je suis serviable, j'aime pas ça quand le monde se met les pieds dedans les plats.



Joyeuse fête des mers! Pis phoque les maires! Je pense surtout aux mers comme la Morte, la Caspienne,  la Noire, la Méditerranéenne... Yéa! Party d'eau salée!




Une lesbienne et un Patapouf me brisent le cœur.





Je suis en tabarnak! Je ne décolère pas! Mon Premier Sinistre, Patapouf 1er, m'horripile au plus haut point. Il me brise le cœur! Son cynisme et son mépris risquent de me transformer en Black Panther... heu.. Black Sabbath... heu... ça risque de me transformer en Black Bloc! Mais pour l'heure, j'ai une plus grande souffrance. Je te raconte mon mal.  Tu te rappelles, ô assidu lecteur, que j'avais rencontré une charmante gréviste, l'ineffable Cindy qui m'avait tatoué un carré rouge sur le cœur. Or, jeudi le 3 mai dernier je l'ai revue. Bref, ma pauvre pompe à hémoglobine a encore explosé sous le poids de la souffrance. Laisse-moi te raconter.


J'étais sur la place Émilie Gamelin. Je me dénudais comme Jean Barbe et les autres quand je l'ai vu du coin de l’œil. Elle frenchait à pleine bouche une étudiante en  Design de l'environnement.  J'ai deviné, à la coupe asymétrique de la toison de ses aisselles  et aux caresses qu'elle   prodiguait à ma sublime Cindy, que l'originale étudiait dans un de ses programmes pro-grève dont seul l'UQAM a le secret. Les seins magnifiques de ma gréviste préférée ballotaient, carré rouge au vent,  au gré des coups de langues et des tangos de lèvres qu'elle effectuait avec la paire de dessous de bras velus designer d'environnement. Je croyais humblement que mes baisers, mes caresses et mes coups de reins avaient ramené Cindy dans la grande famille hétérosexuelle. Lamentable échec flashgordonien. N'empêche que j'aimais mieux voir deux filles s'embrasser que de voir des grosses polices pas de cuisses frapper à grands coups de matraques noires des enfants rouges de la bleue démocratie québécoise. Bref, même un pacemécoeur ne suffirait pas à me requinquer la patate.



Le cœur gros, avec pour seul vêtement mon tatouage de carré rouge, j'ai marché, je marche et marcherai pour que ce gros Patapouf comprenne. Pour que triomphe la nudité sur le trop habillé, pour que le bien commun le redevienne, pour que Patapouf cesse de gâter ses amis qui veulent notre bien et sont en train de l'avoir. Ce sombre vassal du capital ne mérite pas de diriger mon pays.  Je marchais et regardais autour de moi puis une sympathique ritournelle apaisa mon esprit torturé. Baume musicale. Bombe iconoclaste.Vive la nudité! Yéa!










Ne m'insulte pas, je suis déjà détruit.









jeudi 19 avril 2012

Des chemises brunes sur les cordes à linge du Québec.



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Quand je vois cette tête à claques qui officie à titre de Sinistre de l'Éducation, je me dis que le Québec va mal. Quand mon poodle de Premier Sinistre lâche ses chiens à matraque, je me dis que le Québec s'enfonce dans un déficit démocratique chronique. C'est dangereux et odieux quand un gouvernement laisse ces cerbères mordent à pleine dent sa jeunesse. C'est comme si le Québec glissait doucement vers l'enfer sans que personne ne s'en aperçoive... Pourtant, aujourd'hui j'ai vu des multitudes de chemises brunes sur les cordes à linge, elles claquaient au vent. Les matraques ensanglantées brillaient au soleil. Le sang n'en était pas encore séché que la Sinistre de l'éducation continuait à débiter des âneries. Cette conne finie souhaite que les étudiants de la classe dénoncent la violence. Laquelle? Celle des policiers et des gardiens de sécurité qui envahissent les universités?  Je ne décolère pas, sont trop cons! Le pire, c'est que certaines personnes dans la population approuvent la matraque. Comme quoi Stéphane Gendron ne détient pas le monopole de la bêtise.



Tiens, je dédie celle-là aux étudiants! Yéa!









Nous vaincrons!












lundi 2 avril 2012

Un trois centième billet en forme de carré rouge ou comment corrompre une lesbienne végétarienne.






Ça faisait un moment que je voulais t’écrire, mais j’angoissais. Vois-tu, Blogger affichait que ce texte porterait pour seul vêtement le chiffre 300. Trois cents! Phoque!  J’angoissais et me demandais comment aborder pertinemment  le trois centième billet de cet humble blog tout en épatant mon lectorat. La bouillonnante actualité est heureusement venue me prêter main forte chassant mes angoisses à grand coup de slogan à saveur égalitaire et aux effluves de justice sociale. Sur un fond de grève étudiante, j’espère donc étancher ta soif d’aventures flashgordoniennes. Attache-ta tuque ‘ec d’la broche! On décolle! Yéa!


Un matin où  j’enseignais énergiquement dans une classe d’un somptueux pavillon uqamien. Je tentais désespérément de faire comprendre à mes immigrants d’étudiants les principes de la liaison en français oral. Les liaisons sont dangereuses, c’est bien connu! Soudain, au moment où je tentais de mettre ma langue dans leurs bouches afin de leur faciliter ces dangereux rapports phonétiques, un groupe d’étudiants grévistes trotskistes fit éruption dans ma classe. Cette désagréable éruption cutanée troublait la tranquillité du doux épiderme de mon enseignement matinal.


Pour entrer dans ma classe, fallait être invité!  Apparemment cette petite douzaine d’étudiants vêtus du carré rouge ne le savaient pas. L’un des intrus allait débuter son subversif discours lorsque je levai ma main pour lui signifier d’arrêter. Tout en faisant ça, je me dirigeai vers eux :

-         Calmez-vous! Ce n’est pas un cours crédité! C’est une classe de francisation du Ministère de l’Immigration! Donc, je souhaiterais continuer à travailler sereinement avec mes étudiants, par conséquent je vous inviterais à quitter…

Ils me regardaient ahuris et incrédules. Ce qui allait se passer par la suite aurait fait rougir de jalousie ce cher Ionesco. Si sa cantatrice n’eut pas été chauve, elle le serait devenue à ce moment-là.

Barbu Marxien : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Ce n’est pas un cours crédité!
Barbu Marxien : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Ce n’est pas un cours crédité!
Autre Barbu Marxien au crâne rasé et au regard soupçonneux : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Ce n’est pas un cours crédité!
Barbu Marxien : C’est quoi le sigle du cours?
Les deux Barbus Marxiens en chœur : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Au risque de me répéter, C’EST PAS UN COURS CRÉDITÉ! S’t’une classe de francisation…

Alors que je disais ça, mon regard faisait le tour de la troupe de grévistes socialistes. Je jetais un œil à chacun d’entre eux. Cette douzaine de jeunes adultes pétris de convictions voulaient vraiment bloquer la hausse des frais de scolarité. Mon œil de lynx s’accrocha dans le bleu profond des yeux d’une voluptueuse petite rouquine avec une coupe de cheveux asymétrique rappelant que les filles veulent juste avoir du fun. Puis, le très rusé Barbu Marxien lâcha un suspicieux commentaire lourd de suspicions :

-         Ouin… mais là c’est ta parole contre la nôtre, nous-autres sur notre ti-papier c’est écrit que s’t’un cours en travail social comptant 46 étudiants, c’est ta parole contre la nôtre, tu peux dire n’importe quoi.

J’allais m’effondrer sous le poids de la technocratie bête et de la bêtise révolutionnaire lorsqu’une de mes sept étudiantes, vive comme l’éclair, avec un fort accent de Téquila, cria du fond de la classe :

-         Ça paRRait pas que nous avvvons oune accente, que nous appRRenons le fRançaise?

Cette savoureuse question greffa à mes intrus leurs faces de South Park  clignant des yeux comme d’imbéciles débiles. J’en profitai pour expulser gentiment les étudiants grévistes anarchistes  non sans caresser du regard la jolie Cindy Lauper du mouvement étudiant.


-         Je suis contre la hausse des frais de scolarité quelle qu’elle soit, cependant, si vous voulez avoir l’appui de mes étudiantes, faut me laisser faire mon travail auprès de ces assoiffées de français.

Je disais tout ça en refermant la porte derrière eux. Je m’assurais qu’ils allaient bien perturber d’autres classes que la mienne. Après cette interruption de service, je remis mon cours sur les rails de la francisation vitesse grand V. Tel un métro de la STM, il acheva sa course autour de midi à Berri-Uqam.


Je quittais donc cette institution de haut savoir avec le sentiment du devoir accompli doublé de la sensation d’avoir protégé mes étudiantes des subversions post-moderne-kalashnikov de ce printemps érable québécois bardé de rouge.


Arborant fièrement mon sourire le plus niais, un sourire de champion, je traversais le pavillon de gestion, qui portait fort mal son nom,  puis le pavillon Judith Jasmin alors que j’approchais de la porte menant au métro, je croisai la plantureuse gréviste à la chevelure rouge orangé. Je la saluai en lui faisant mon clin d’œil complice de professeur en faveur de la grève. Elle prit cette marque de solidarité flashgordonienne pour une invitation au dialogue.


-         Tu viens souvent ici? Demanda-t-elle.
-         Heu… presqu’à toué jours!

Elle plongea son beau regard bleu dans le mien. Ouf! Je pourrais m’y noyer avec grand plaisir, pensai-je. Mes pensées flottaient tels des délires érotico-tétra-hydro-cannabiques, je voyais mes lèvres gourmandes s’écraser contre les siennes, pulpeuses et accueillantes.  Sa langue provoquait la mienne. Mon sourire de champion ressuscitait, mes yeux se vidaient de leur intelligence…


-         T’as d’beaux yeux tu sais! Dit la rouquine gréviste à l’opulente poitrine.
-         Embrassez-moi, dis-je, encore prisonnier de ma torpeur onirique.

Coupez! Cria le Marcel Carné dans mon crâne de merde! Je repris mes esprits instantanément. Ma Michèle Morgan rouge stupéfaite m’observait intensément et la calvitie frappait encore les cantatrices.

-         Pardon, j’étais dans Le Quai des brumes, balbutiai-je maladroitement tout autant qu’idiotement.
-         Peu importe, je suis végétarienne et lesbienne, ton invitation à échanger de la salive est donc tombée dans l’oreille d’une sourde. Répondit-elle du tac au tac.
-         Je t’offre une tisane?
-         D’accord, dit-elle en m’emboîtant le pas.


Quelques minutes plus tard, après un tour de métro, on se retrouva attablés au Quai des Brumes rue Seins-Denis. Deux pintes étaient posées devant nous. Les verres suintaient, la mousse souriait, la rousse drôlement coiffée illuminait ce sombre débit de boissons, mon regard voguait sur les vagues de ses majestueuses courbes, les haut-parleurs crachaient une lubrifiante, abrasive et paradoxale musique. Nous levâmes nos verres sans dire mot et sans maudire. La bière humectait mon gosier qui en avait toujours un peu besoin. La serveuse s’arrachait les cheveux de la tête dans l’espoir de devenir cantatrice. Je brisais la glace à coups de pics interrogatifs.

-         Alors… Tu grèves souvent? Pis… en passant, c’est quoi ton nom de lesbienne végétarienne?
-         Cindy… Ben en fait, je m’appelle Cynthiâ, mais j’aime pas çâ… pis Cindy avec un y, ça fait plus glamour surtout pour une lesbienne végétarienne Cindy Dupont-Lajoie 25 ans, toutes mes dents. Yéa! En plus, je suis présidente de la V.U.L.V. de l’UQAM, pis j’grève quand ça me plait, pis toi, c’est quoi ton p’tit nom?
-         La vulve… dis-je un brin dubitatif
-         La vulve répondit-elle un brin agacée
-         La vulve répétai-je franchement perplexe
-         La VULVE CRISSE! Lâcha la rousse crissement courroucée et enflammée
-         Ouate de phoque!?!?!?
-         Laisse les phoques en dehors de ça! Vil macho carnivore au service du Capital, la vulve c’est la Vétille Universitaire des Lesbiennes Végétariennes de l’UQAM, une branche subversive de la CLASSE qui combat les méfaits du patriarcat de notre société phallocratique capitaliste de marde qui nous empêche , nous femmes, de nous épanouir et d'étudier, la hausse des frais de scolarité, c'est le règne du phallus, nous autres on veut le chopper… pis toi, c’est quoi ton p’tit nom?
-         Flash, Flash Gordon.
-         Comme le héros de l’émission de télé? Demanda-t-elle.
-         Nan! Comme le héros de la blogosphère.
-         C’est où ça? S’tu proche de Trois-Rivières?
-         ….

Je restai sans mot. Si je n’eus déjà été sans le cheveu, je me serais  pris pour une serveuse qui voulait devenir cantatrice. À défaut, j’empruntai une face de South Park pour cligner des yeux comme le sombre abruti que j’étais. Je relançai la discussion, la faisant rebondir sur l’incessante grève étudiante. Alors que Cindy me récitait l’inusable mp3 du petit gréviste, moi, je plongeais mon regard dans les profondeurs de son incroyable et magnifique décolleté. C’était vertigineux de bonheur.

-         Qu’est-ce que t’en penses, toi, de la grève? Ce matin, dans ta classe, tu disais être en faveur de la grève, peux-tu élaborer un peu…

Je n’avais pas entendu. J’étais ailleurs. Dans un univers fantasmé, où les lesbiennes végétariennes succombaient aux charmes des machos carnivores… Mais la réalité dépassait toujours la fiction et la suite de mon inénarrable aventure allait, une fois de plus, confirmer cette vérité pas lisse de la Palice.  Cindy me sortit délicatement de ma torpeur éroticonirique en criant à la serveuse de nous apporter deux autres pintes. Alors que je payais nos consommations, mon regard passait du grand canyon mammaire à l’immensité bleuté de l'azure de ses beaux yeux.


-         Heille! Je t’ai demandé ce que tu pensais d’la grève!

-         Je suis contre toutes formes de frais de scolarité… je pense que l’université devrait être accessible et ouverte aux pauvres, aux transsexuels, aux verts, aux handicapés, aux gays, aux vieux, aux punks, aux junkies, aux anarchistes, aux  véliplanchistes, aux œsophages,  aux anthropophages, aux téléphages, aux lycanthropes, aux psychotropes,    aux hippocampes pis aux nains de jardins… Pis on devrait jamais écouter un gouvernement corrompu qui veut nous dire quoi faire, dont qu’il faut nous serrer la ceinture quand il aide ses amis mafieux à nous enculer même si notre crisse de ceinture est serrée. Esti! Chuis encore en tabarnak! Aubergiste! À boire par pitié!



Cette tirade, bien que très loin de rappeler celle  du nez ou n’importe laquelle de la cantatrice chauve,  m’avait tout de même donné soif. Je commandais donc deux autres pintes. Fallait étancher sa soif. Cindy ne refusa pas de  continuer à trinquer en ma virile compagnie. Ainsi, on s’enfilait des pintes en blaguant et en s’amusant de notre funeste condition humaine. Le soleil se couchait sur une autre journée de grève étudiante. Le Quai de Brumes s’emplissait de carrés rouges. Nos esprits s’embrumaient. La musique faisait danser nos âmes. L’alchimie de cette improbable rencontre portait fruits. La faim s’emparait de nos corps, qui proposèrent de se sustenter, ce à quoi Cindy comme moi acquiesçâmes. 


Sortant des brumes du Quai des Brumes, bras dessus, bras dessous, Cindy tangua contre moi. Ses seins s’écrasaient contre ma poitrine. Je sentais la chaleur de son corps voluptueux contre le mien. Ses formes épousaient mon corps de brute. Son haleine sensuellement maltée m’enivrait. Je flottais. On marchait pour aller chez l’émoustillante Cindy.  Puis là, de fil en aiguille, de végétarisme au cannibalisme, d’homosexualité en hétérosexualité, de capitalisme à post-socialisme, nous nous retrouvâmes dans une saucisserie est-allemande. Armés de saucisses bien carnées, on se dirigea enfin chez la sexy étudiante pendue à mon bras.


Par bonheur, arrivés chez ma charmante compagne, ses 17 colocs étaient partis peindre des carrés rouges dans la grise et brune Montréal.  Cindy prit son IPhone8 pour envoyer un texto à ses colocs. Elle leur suggérait joyeusement de passer la nuit à faire des carrés rouges. Moi, je faisais rôtir les saucisses, me demandant ce qu’elle avait fait de son végétarisme et espérant candidement qu’il soit bien loin et accompagné de son lesbianisme. De son frigo débordant de brunes bouteilles, ma douce et plantureuse hôtesse extirpa deux bières.  Elles étaient fraîches. Parfaitement idéal pour humecter un gosier quasi desséché. Les saucisses crépitaient dans le poêlon. Les braises étincelaient dans mon regard posé sur les courbes de la plus sympathique lesbienne végétarienne du Québec. Ça sentait bon la saucisse!


Quelques minutes et deux bières plus tard, notre repas fut finalement à point. On se régalait de saucisses qu’on arrosait encore de bière. Sans crier gare, entre deux bouchées de viande et trois gorgées de houblon, Cindy me sauta au cou et posa ses pulpeuses lèvres sur ma bouche gourmande. Le reste, c’est de l’histoire, avec un grand H. Ce fut la nuit la plus torride de ma courte carrière de débaucheur de lesbiennes. C’était une infernale nuit ponctuée d’orgasmes et de longs gémissements de jouissance dans laquelle  nos deux corps s’abandonnaient. Les notions d’espace et de temps s’évanouissaient lorsque l’on atteignait les hautes cimes des plaisirs réciproques partagés à grand coups de caresses, de baisers et de déhanchements lascifs. Alors que le soleil pointait, nos corps épuisés, ravagés par un  tsunami d’orgasmes  et détrempés par les sueurs du plaisir, s’écrasèrent dans le lit équitable de Cindy la magnifique.


Plus tard ce matin-là, je me réveillai seul et nu. Dans un tango olfactif, les effluves de sexe torride se mêlaient joyeusement aux arômes de saucisses et de bière. Je retrouvai mes vêtements disséminés dans ce repaire de grévistes où j'étais fin seul. Je passai à la salle de bains me débarbouiller le visage. Je sursautai en me voyant dans le miroir. J’avais un nouveau tatouage. J’avais un carré rouge tatoué sur le cœur. Au propre comme au figuré,  j’avais un carré rouge sur le cœur.  Yéa!