lundi 22 août 2011

J’ai atteint l’âge de Vian, c’est inquiétant comme un insipide incipit.

















Aujourd’hui j’ai 39 ans. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu plein de messages fesses bouquiens. ‘’Bonne Fête. Bisous.’’ Ça ne veut rien dire. C’était peut-être demain.  Cette insipide incertitude réconfortante n’était pas sans me déplaire, comme  le vent. Ce vent tiède, fétide et endormi, poussait une nuée de mouches mortes contre la fenêtre. Flash, fasciné, guettait le petit coin de réel démasqué périodiquement par le retour en arrière de la vie. Sans motif, je me secouai soudain, appuyai mes mains sur le bord de mon bureau et me levai. Au passage, je fis grincer la lame grinçante du parquet et fermai la porte silencieusement pour compenser. Je descendis l’escalier, me retrouvai dehors et ma tête reçut la pluie visqueuse comme le sang coulant quotidiennement de l’humanité mourante. Je marchai jusqu’aux abords du lac Sainte-Marde à travers l’herbe rouge du pays.

La République Démocratique du Québec coulait en flamme au milieu du lac Sainte-Marde pendant que je descendais au fond des bouteilles. Imbibé dans mes phrases, je glissais, fantôme, dans les eaux névrosées du fleuve agité et je découvrais, dans ma dérive éthylique, le dessous des surfaces et l’image renversante et renversée d’un pays englué. Entre l’anniversaire de la révolution tristement tranquille et la date de mon exécution, j’avais le temps de divaguer en paix sur les flots alcoolisés de mon humble prose, de déplier avec minutie mon âme fripée et flétrie et d’étaler avec mon clavier sur ton écran les mots clés qui ne déverrouilleront  pas les cadenas de la bêtise humaine.

Le problème restait entier avec cette stupidité, de plus, la Belle Province ne détenait pas le monopole de la bêtise humaine. Cette salope régnait partout en reine et maîtresse.  Il fallait combattre le feu par le feu. Flash Gordon s’est acheté un lance-flammes, ça c’était seulement pour allumer les bougies de mon gâteau d’anniversaire.

jeudi 21 juillet 2011

Chronique d'une fin du monde annoncée.




Salut à toi fidèle lecteur, ça fait un p’tit bout que je t’ai écrit… Calme-toi!  Vois-tu,  je suis occupé à vivre pis à baigner dans mon jus. Laisse-moi quand même te gratifier d’une petite chronique caniculaire. Sers-toi ton breuvage frais préféré. Mets-toi en bedaine. Il va faire chaud. Parenthèse : ici je ne fais pas de sexisme, je suis féministe, donc tout le monde torse nu. Free the tits! Liberté pour les totons quels qu’ils soient! Bonsoir elle est partie! (La chronique!)



 La lune brillait. Une légère brise rafraîchissait cette chaude soirée estivale. J’étais sur mon immense terrasse avec vue sur la ruelle, je sirotais de la climatisation en bouteille brune. La lune brillait encore. J’avais le regard hagard. Pensif et rêveur. Soudain, un triporteur de crème glacée surgit dans un rayon de lune. Le pédaleur s’immobilisa et ouvrit la porte de garage de l’entrepôt. Le pauvre vendeur de friandises glacées semblait exténué comme l’Amérique. Sacrament d’Amérique amère malade de son économie, esti d’Amérique omnipotente omniprésente, cibouère d’Amérique qui oublie ses enfants, crisse d’Amérique qui écœure le monde entier avec sa démocratie qu’elle peine à appliquer. Maudite crisse d’Amérique qui méprise les pauvres, tanarnak d’Amérique qui creuse  le fossé entre ses riches et ses pauvres.  Côlisse d’Amérique tu me fais chier. Beau tabarnak de tissu de mensonges hypocrites que l’on nomme Amérique, je t'emmerde!  Alors que je jonglais avec ma crotte de pus anti-américaine, un éclair chimérique hallucinatoire  traversa mon esprit. Check ça!  








Métaphore d’une fin du monde évidente. Ces images évoquaient pour moi la fin, le bout du capitalisme dans toute son horreur et son erreur. Dead end.  Fin du monde évidente. Elle est là. Elle frappe à nos portes. Ce qui se passe aux États-Unis va se produire ici et ailleurs. La mondialisation ne reste que la propagation du mal. Rappelle-toi, le KKKanada a élu les CONservateurs.  Partout cette bêtise règne, sinon c’est un gouvernement populiste totalitaire : Salut Raoul! Salut Hugo! Salut Kim et tous les autres…  Phoque! Ça va mal! Pis là, j’ai pensé à Cormac McCarthy. Horreur pure. J’ai pensé à sa route pas mal moins  romantique et sexy  que celle de Kerouac. La boule est montée! J’ai eu viscéralement  peur pour le Lutin. Géhenne postmoderne, le parc Six Flags de  la Nouvelle-Orléans incarnait un  Titanic du monde occidental. Vas-y Céline chante que ton cœur va battre ostie de conne! Ton cœur était une pompe à fric pour la déchéance du capital… pardonne moi cher lecteur, je m’emporte. Tu me connais, j’ai la mèche courte.  Tout ça pour te dire que l’été n’est pas une saison aussi légère qu’elle ne parait. Perso, mes plus gros spleens sont estivaux… Crissement plus punk que toi ma chouette! Santé les crottés! Savoure cette goutte de WD-40 :









Qu'en penses-tu cher fragile lecteur? Partages-tu mon optimisme abrasif et glissant?






vendredi 1 juillet 2011

Lettre d’amour au Canada






Cher KKKanada,

Je t’écris pour te dire que je t’aime et surtout les raisons pour lesquelles mon cœur s’emballe pour toi. Attention, je brûle littéralement pour toi, plusss meilleur pays du monde…

Je t’aime parce que tu accueilles la belle Kate et son illustre mari. Généreux, tu le fais à tes frais. C’est tout à ton honneur. Tu embrasses la monarchie. Moderne et généreux, c’est toi! Mon amour pour toi ne cesse de grandir quand tu laisses tes citoyens, tes enfants pourrir prisonnier des mauvais pays du monde. Tu te vautres dans la liberté d’en abuser. Protecteur et juste, c’est toi! Mon incandescente passion t’irradie d’un océan à l’autre lorsque je vois le sort que tu réserves à la nature. Je te vois enseveli sous les boues bitumineuses et je bande. Sexy et désirable, c’est toi! Ma douce tendresse ne cesse de t’envelopper parce que tu prends soin des immigrants, des premières nations et de la minorité francophone. Magnanime et paternel, c’est toi! Mon amour inconditionnel dure et durera car tu donnes la parole à des lumineux opprimés comme Don Cherry. Brillant et ouvert, c’est toi! Je t’aime parce que tu te transformes, tu n’es plus le KKKanada de Lester B. Pearson, celui de Pierre Elliot Trudeau, tu es maintenant celui de Monsieur Harpeur. Tu es en avance sur ton temps, à l’avant-garde de la pensée politique, sociale, environnementale et culturelle du 21ème siècle. Je t’embrasse d’amour. Aujourd’hui c’est ta fête, j’en profite pour te souhaiter bonne fête. Que je t’aime, que je t’aime…













Si tu aimes le KKKanada, fais comme moi...

jeudi 30 juin 2011

Kate et moi.





Ça s’excite un peu partout au KKKanada. Il y de la grande visite. Pas de panique sur le Titanic! Reste zen et authentique, c’est le meilleur moyen d’être un bon hôte. Kate et William viennent visiter leur royaume enchanté… aux frais de leurs loyaux sujets. Faut juste les accueillir simplement et joyeusement. Certains de mes lecteurs s’indignent du coût élevé de leur séjour ici. Tandis que le RRQ s’énerve le poil des jambes et que M. Harpeur fait des courbettes, ton blogueur préféré propose au jeune couple rien d'autre que la simplicité volontaire. J’ai la solution avec un grand S. Par souci d’économie et esprit de sacrifice, j’invite donc officiellement Kate à venir crécher chez moi, dans mon petit et allègre 4 et demi avec vue sur le parc. Vive le couch surfing amélioré! Au petit matin après une nuit d’amour en mon humble compagnie, je lui servirai mes légendaires bines au lard, saucisse et bière, mes œufs dans le vinaigre de vin rouge, le tout accompagné de toasts aux cretons. Rien de moins. La nuit où Kate viendra s’abandonner aux vicieux plaisirs de la luxure, je propose à William d’aller chez le chirurgien de Jacques Villeneuve se faire greffer des poils de scrotum sur sa calvitie naissante. Le lendemain pendant que je prendrai Kate par tous les orifices entre les bines et les cretons, mon pote et fidèle lecteur Jipi pourra encanailler le bon prince William. À grand coup de rock halluciné et de rasade de potion magique, cette immersion dans les profondeurs du côté sombre du KKKanada ne pourra qu’être bénéfique au jeune prince comme à sa douce et sexy compagne. Bienvenue Kate et William, Flash vous embrasse... plus Kate que William! Bon séjour chez nous!

En terminant j’aimerais te poser une question lorsque l’on parle de sang bleu, est-ce à dire que les gens qui en ont, ont du jus d’oranges bleues qui coulent dans leurs veines?









samedi 25 juin 2011

La colère du Lutin.

Ce matin après le petit-déjeuner, Le Lutin me lance un défi aux échecs. Depuis quelques temps, il joue aux échecs. En fait, j'essaie de lui apprendre à jouer. C'est un long apprentissage parsemé d'embûches et d'échecs... s'cusez-la, le coup est parti tout seul. Donc, on débute la partie. Au fil des coups, il se défend pas trop mal. Je l'achève avec ma tour. Il n'est pas très content. C'est le moins que l'on puisse écrire. Il grogne et vocifère. Le Lutin veut sa revanche. C'est reparti mon kiki. Au troisième coup, je lui bouffe un pion. Il explose, devient vert, hurle sa colère et frappant dans le divan. Je pense qu'on va arrêter les échecs pis qu'on va se mettre au kung fu. Si vous avez d'autres suggestions pédagogiques, elles sont les bienvenues.









vendredi 24 juin 2011

Écho de craquelins écrasés par le solstice d’été






Dans mes errances virtuelles je me suis accroché les pieds, mais plus les yeux devrais-je écrire, du côté de chez Max Cat. Cet espace est réjouissant, réconfortant et délinquant comme les biscuits soda écrapoutis dans la soupe de mon enfance.

Samedi dernier, j’y lisais un texte que l’on devrait faire lire à tous ceux qui trempent dans l’organisation de festivals ou de fêtes dans cette belle République Démocratique du Québec.

Je me vautrais dans son pourrissement de la fête et de la musique en milieu urbain; à ce moment là j’ai pensé à Bakhtine et à sa notion de carnavalesque. Je veux pas m’avancer mais je pense que Mr. Christie ne renierait pas le carnavalesque dont parle ce cher russe.

Notre bon Bakhtine parle du carnaval comme d’un moment particulier dans l’année où la fête abolit les irritants de la vie en société moyenâgeuse. C'est-à-dire que l’espace, le temps d’une soirée de carnaval, les classes sociales disparaissent. Il n’y a plus que des humains qui festoient, boivent et baisent dans un joyeux foutoir. Les règles se dissipent dans l’alcool, dans la fête, il n’y a plus de roi, plus d’indigent, plus de fou, plus de soldat, plus de courtisanes, plus de riche, plus de pauvre, plus de pute, plus de moine, l’incandescent carnaval enflamme les âmes.


C’est fête au village!

Pardon. Je m’emporte. Parlant village revenons au Québec. Toutes les fêtes au Québec empêchent les débordements, à tel point que la sauce de la fête ne prend pas, elle ne bout jamais. Aucun risque que ça déborde ou colle au fond. Ça me fout les jetons. Je pense que c’est pour ça que tout le monde parle des Francos oubliant les folies du nom, car de folie il n’y a point… Vive le feu! Vive les fous!