jeudi 19 avril 2012

Des chemises brunes sur les cordes à linge du Québec.



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Quand je vois cette tête à claques qui officie à titre de Sinistre de l'Éducation, je me dis que le Québec va mal. Quand mon poodle de Premier Sinistre lâche ses chiens à matraque, je me dis que le Québec s'enfonce dans un déficit démocratique chronique. C'est dangereux et odieux quand un gouvernement laisse ces cerbères mordent à pleine dent sa jeunesse. C'est comme si le Québec glissait doucement vers l'enfer sans que personne ne s'en aperçoive... Pourtant, aujourd'hui j'ai vu des multitudes de chemises brunes sur les cordes à linge, elles claquaient au vent. Les matraques ensanglantées brillaient au soleil. Le sang n'en était pas encore séché que la Sinistre de l'éducation continuait à débiter des âneries. Cette conne finie souhaite que les étudiants de la classe dénoncent la violence. Laquelle? Celle des policiers et des gardiens de sécurité qui envahissent les universités?  Je ne décolère pas, sont trop cons! Le pire, c'est que certaines personnes dans la population approuvent la matraque. Comme quoi Stéphane Gendron ne détient pas le monopole de la bêtise.



Tiens, je dédie celle-là aux étudiants! Yéa!









Nous vaincrons!












lundi 2 avril 2012

Un trois centième billet en forme de carré rouge ou comment corrompre une lesbienne végétarienne.






Ça faisait un moment que je voulais t’écrire, mais j’angoissais. Vois-tu, Blogger affichait que ce texte porterait pour seul vêtement le chiffre 300. Trois cents! Phoque!  J’angoissais et me demandais comment aborder pertinemment  le trois centième billet de cet humble blog tout en épatant mon lectorat. La bouillonnante actualité est heureusement venue me prêter main forte chassant mes angoisses à grand coup de slogan à saveur égalitaire et aux effluves de justice sociale. Sur un fond de grève étudiante, j’espère donc étancher ta soif d’aventures flashgordoniennes. Attache-ta tuque ‘ec d’la broche! On décolle! Yéa!


Un matin où  j’enseignais énergiquement dans une classe d’un somptueux pavillon uqamien. Je tentais désespérément de faire comprendre à mes immigrants d’étudiants les principes de la liaison en français oral. Les liaisons sont dangereuses, c’est bien connu! Soudain, au moment où je tentais de mettre ma langue dans leurs bouches afin de leur faciliter ces dangereux rapports phonétiques, un groupe d’étudiants grévistes trotskistes fit éruption dans ma classe. Cette désagréable éruption cutanée troublait la tranquillité du doux épiderme de mon enseignement matinal.


Pour entrer dans ma classe, fallait être invité!  Apparemment cette petite douzaine d’étudiants vêtus du carré rouge ne le savaient pas. L’un des intrus allait débuter son subversif discours lorsque je levai ma main pour lui signifier d’arrêter. Tout en faisant ça, je me dirigeai vers eux :

-         Calmez-vous! Ce n’est pas un cours crédité! C’est une classe de francisation du Ministère de l’Immigration! Donc, je souhaiterais continuer à travailler sereinement avec mes étudiants, par conséquent je vous inviterais à quitter…

Ils me regardaient ahuris et incrédules. Ce qui allait se passer par la suite aurait fait rougir de jalousie ce cher Ionesco. Si sa cantatrice n’eut pas été chauve, elle le serait devenue à ce moment-là.

Barbu Marxien : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Ce n’est pas un cours crédité!
Barbu Marxien : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Ce n’est pas un cours crédité!
Autre Barbu Marxien au crâne rasé et au regard soupçonneux : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Ce n’est pas un cours crédité!
Barbu Marxien : C’est quoi le sigle du cours?
Les deux Barbus Marxiens en chœur : C’est quoi le sigle du cours?
Moi : Au risque de me répéter, C’EST PAS UN COURS CRÉDITÉ! S’t’une classe de francisation…

Alors que je disais ça, mon regard faisait le tour de la troupe de grévistes socialistes. Je jetais un œil à chacun d’entre eux. Cette douzaine de jeunes adultes pétris de convictions voulaient vraiment bloquer la hausse des frais de scolarité. Mon œil de lynx s’accrocha dans le bleu profond des yeux d’une voluptueuse petite rouquine avec une coupe de cheveux asymétrique rappelant que les filles veulent juste avoir du fun. Puis, le très rusé Barbu Marxien lâcha un suspicieux commentaire lourd de suspicions :

-         Ouin… mais là c’est ta parole contre la nôtre, nous-autres sur notre ti-papier c’est écrit que s’t’un cours en travail social comptant 46 étudiants, c’est ta parole contre la nôtre, tu peux dire n’importe quoi.

J’allais m’effondrer sous le poids de la technocratie bête et de la bêtise révolutionnaire lorsqu’une de mes sept étudiantes, vive comme l’éclair, avec un fort accent de Téquila, cria du fond de la classe :

-         Ça paRRait pas que nous avvvons oune accente, que nous appRRenons le fRançaise?

Cette savoureuse question greffa à mes intrus leurs faces de South Park  clignant des yeux comme d’imbéciles débiles. J’en profitai pour expulser gentiment les étudiants grévistes anarchistes  non sans caresser du regard la jolie Cindy Lauper du mouvement étudiant.


-         Je suis contre la hausse des frais de scolarité quelle qu’elle soit, cependant, si vous voulez avoir l’appui de mes étudiantes, faut me laisser faire mon travail auprès de ces assoiffées de français.

Je disais tout ça en refermant la porte derrière eux. Je m’assurais qu’ils allaient bien perturber d’autres classes que la mienne. Après cette interruption de service, je remis mon cours sur les rails de la francisation vitesse grand V. Tel un métro de la STM, il acheva sa course autour de midi à Berri-Uqam.


Je quittais donc cette institution de haut savoir avec le sentiment du devoir accompli doublé de la sensation d’avoir protégé mes étudiantes des subversions post-moderne-kalashnikov de ce printemps érable québécois bardé de rouge.


Arborant fièrement mon sourire le plus niais, un sourire de champion, je traversais le pavillon de gestion, qui portait fort mal son nom,  puis le pavillon Judith Jasmin alors que j’approchais de la porte menant au métro, je croisai la plantureuse gréviste à la chevelure rouge orangé. Je la saluai en lui faisant mon clin d’œil complice de professeur en faveur de la grève. Elle prit cette marque de solidarité flashgordonienne pour une invitation au dialogue.


-         Tu viens souvent ici? Demanda-t-elle.
-         Heu… presqu’à toué jours!

Elle plongea son beau regard bleu dans le mien. Ouf! Je pourrais m’y noyer avec grand plaisir, pensai-je. Mes pensées flottaient tels des délires érotico-tétra-hydro-cannabiques, je voyais mes lèvres gourmandes s’écraser contre les siennes, pulpeuses et accueillantes.  Sa langue provoquait la mienne. Mon sourire de champion ressuscitait, mes yeux se vidaient de leur intelligence…


-         T’as d’beaux yeux tu sais! Dit la rouquine gréviste à l’opulente poitrine.
-         Embrassez-moi, dis-je, encore prisonnier de ma torpeur onirique.

Coupez! Cria le Marcel Carné dans mon crâne de merde! Je repris mes esprits instantanément. Ma Michèle Morgan rouge stupéfaite m’observait intensément et la calvitie frappait encore les cantatrices.

-         Pardon, j’étais dans Le Quai des brumes, balbutiai-je maladroitement tout autant qu’idiotement.
-         Peu importe, je suis végétarienne et lesbienne, ton invitation à échanger de la salive est donc tombée dans l’oreille d’une sourde. Répondit-elle du tac au tac.
-         Je t’offre une tisane?
-         D’accord, dit-elle en m’emboîtant le pas.


Quelques minutes plus tard, après un tour de métro, on se retrouva attablés au Quai des Brumes rue Seins-Denis. Deux pintes étaient posées devant nous. Les verres suintaient, la mousse souriait, la rousse drôlement coiffée illuminait ce sombre débit de boissons, mon regard voguait sur les vagues de ses majestueuses courbes, les haut-parleurs crachaient une lubrifiante, abrasive et paradoxale musique. Nous levâmes nos verres sans dire mot et sans maudire. La bière humectait mon gosier qui en avait toujours un peu besoin. La serveuse s’arrachait les cheveux de la tête dans l’espoir de devenir cantatrice. Je brisais la glace à coups de pics interrogatifs.

-         Alors… Tu grèves souvent? Pis… en passant, c’est quoi ton nom de lesbienne végétarienne?
-         Cindy… Ben en fait, je m’appelle Cynthiâ, mais j’aime pas çâ… pis Cindy avec un y, ça fait plus glamour surtout pour une lesbienne végétarienne Cindy Dupont-Lajoie 25 ans, toutes mes dents. Yéa! En plus, je suis présidente de la V.U.L.V. de l’UQAM, pis j’grève quand ça me plait, pis toi, c’est quoi ton p’tit nom?
-         La vulve… dis-je un brin dubitatif
-         La vulve répondit-elle un brin agacée
-         La vulve répétai-je franchement perplexe
-         La VULVE CRISSE! Lâcha la rousse crissement courroucée et enflammée
-         Ouate de phoque!?!?!?
-         Laisse les phoques en dehors de ça! Vil macho carnivore au service du Capital, la vulve c’est la Vétille Universitaire des Lesbiennes Végétariennes de l’UQAM, une branche subversive de la CLASSE qui combat les méfaits du patriarcat de notre société phallocratique capitaliste de marde qui nous empêche , nous femmes, de nous épanouir et d'étudier, la hausse des frais de scolarité, c'est le règne du phallus, nous autres on veut le chopper… pis toi, c’est quoi ton p’tit nom?
-         Flash, Flash Gordon.
-         Comme le héros de l’émission de télé? Demanda-t-elle.
-         Nan! Comme le héros de la blogosphère.
-         C’est où ça? S’tu proche de Trois-Rivières?
-         ….

Je restai sans mot. Si je n’eus déjà été sans le cheveu, je me serais  pris pour une serveuse qui voulait devenir cantatrice. À défaut, j’empruntai une face de South Park pour cligner des yeux comme le sombre abruti que j’étais. Je relançai la discussion, la faisant rebondir sur l’incessante grève étudiante. Alors que Cindy me récitait l’inusable mp3 du petit gréviste, moi, je plongeais mon regard dans les profondeurs de son incroyable et magnifique décolleté. C’était vertigineux de bonheur.

-         Qu’est-ce que t’en penses, toi, de la grève? Ce matin, dans ta classe, tu disais être en faveur de la grève, peux-tu élaborer un peu…

Je n’avais pas entendu. J’étais ailleurs. Dans un univers fantasmé, où les lesbiennes végétariennes succombaient aux charmes des machos carnivores… Mais la réalité dépassait toujours la fiction et la suite de mon inénarrable aventure allait, une fois de plus, confirmer cette vérité pas lisse de la Palice.  Cindy me sortit délicatement de ma torpeur éroticonirique en criant à la serveuse de nous apporter deux autres pintes. Alors que je payais nos consommations, mon regard passait du grand canyon mammaire à l’immensité bleuté de l'azure de ses beaux yeux.


-         Heille! Je t’ai demandé ce que tu pensais d’la grève!

-         Je suis contre toutes formes de frais de scolarité… je pense que l’université devrait être accessible et ouverte aux pauvres, aux transsexuels, aux verts, aux handicapés, aux gays, aux vieux, aux punks, aux junkies, aux anarchistes, aux  véliplanchistes, aux œsophages,  aux anthropophages, aux téléphages, aux lycanthropes, aux psychotropes,    aux hippocampes pis aux nains de jardins… Pis on devrait jamais écouter un gouvernement corrompu qui veut nous dire quoi faire, dont qu’il faut nous serrer la ceinture quand il aide ses amis mafieux à nous enculer même si notre crisse de ceinture est serrée. Esti! Chuis encore en tabarnak! Aubergiste! À boire par pitié!



Cette tirade, bien que très loin de rappeler celle  du nez ou n’importe laquelle de la cantatrice chauve,  m’avait tout de même donné soif. Je commandais donc deux autres pintes. Fallait étancher sa soif. Cindy ne refusa pas de  continuer à trinquer en ma virile compagnie. Ainsi, on s’enfilait des pintes en blaguant et en s’amusant de notre funeste condition humaine. Le soleil se couchait sur une autre journée de grève étudiante. Le Quai de Brumes s’emplissait de carrés rouges. Nos esprits s’embrumaient. La musique faisait danser nos âmes. L’alchimie de cette improbable rencontre portait fruits. La faim s’emparait de nos corps, qui proposèrent de se sustenter, ce à quoi Cindy comme moi acquiesçâmes. 


Sortant des brumes du Quai des Brumes, bras dessus, bras dessous, Cindy tangua contre moi. Ses seins s’écrasaient contre ma poitrine. Je sentais la chaleur de son corps voluptueux contre le mien. Ses formes épousaient mon corps de brute. Son haleine sensuellement maltée m’enivrait. Je flottais. On marchait pour aller chez l’émoustillante Cindy.  Puis là, de fil en aiguille, de végétarisme au cannibalisme, d’homosexualité en hétérosexualité, de capitalisme à post-socialisme, nous nous retrouvâmes dans une saucisserie est-allemande. Armés de saucisses bien carnées, on se dirigea enfin chez la sexy étudiante pendue à mon bras.


Par bonheur, arrivés chez ma charmante compagne, ses 17 colocs étaient partis peindre des carrés rouges dans la grise et brune Montréal.  Cindy prit son IPhone8 pour envoyer un texto à ses colocs. Elle leur suggérait joyeusement de passer la nuit à faire des carrés rouges. Moi, je faisais rôtir les saucisses, me demandant ce qu’elle avait fait de son végétarisme et espérant candidement qu’il soit bien loin et accompagné de son lesbianisme. De son frigo débordant de brunes bouteilles, ma douce et plantureuse hôtesse extirpa deux bières.  Elles étaient fraîches. Parfaitement idéal pour humecter un gosier quasi desséché. Les saucisses crépitaient dans le poêlon. Les braises étincelaient dans mon regard posé sur les courbes de la plus sympathique lesbienne végétarienne du Québec. Ça sentait bon la saucisse!


Quelques minutes et deux bières plus tard, notre repas fut finalement à point. On se régalait de saucisses qu’on arrosait encore de bière. Sans crier gare, entre deux bouchées de viande et trois gorgées de houblon, Cindy me sauta au cou et posa ses pulpeuses lèvres sur ma bouche gourmande. Le reste, c’est de l’histoire, avec un grand H. Ce fut la nuit la plus torride de ma courte carrière de débaucheur de lesbiennes. C’était une infernale nuit ponctuée d’orgasmes et de longs gémissements de jouissance dans laquelle  nos deux corps s’abandonnaient. Les notions d’espace et de temps s’évanouissaient lorsque l’on atteignait les hautes cimes des plaisirs réciproques partagés à grand coups de caresses, de baisers et de déhanchements lascifs. Alors que le soleil pointait, nos corps épuisés, ravagés par un  tsunami d’orgasmes  et détrempés par les sueurs du plaisir, s’écrasèrent dans le lit équitable de Cindy la magnifique.


Plus tard ce matin-là, je me réveillai seul et nu. Dans un tango olfactif, les effluves de sexe torride se mêlaient joyeusement aux arômes de saucisses et de bière. Je retrouvai mes vêtements disséminés dans ce repaire de grévistes où j'étais fin seul. Je passai à la salle de bains me débarbouiller le visage. Je sursautai en me voyant dans le miroir. J’avais un nouveau tatouage. J’avais un carré rouge tatoué sur le cœur. Au propre comme au figuré,  j’avais un carré rouge sur le cœur.  Yéa!