vendredi 17 février 2012

Gary Carter m'a appris à pleurer.





J'ai eu un  pincement au cœur quand j'ai su que Gary Carter était parti les pieds devant. Lui et moi, c'est une vieille histoire. Laisse Flash te raconter ça. Tout d'abord quand j'étais enfant j'avais un ami qui s'appelait Gary, comme le ''Kid''. À l'école, on taquinait toujours Gary à propos de Gary, surtout l'été vu qu'on jouait au baseball. Pendant nos récréations, plutôt que de fantasmer sur les Anne-Marie, Stéphanie, Julie, Nancy et Annie, nous jouions au baseball. On aimait ça jouer à la balle. Il y avait JD, Tommy, Bobby, Ghiss, JF, Stef, Fanfois, Flot, Gary et moi. Quelle époque! Ricardo Trogi aurait eu du matériel pour en faire une télé-série de 9 saisons et demi... Passons!


Par un bel après-midi d'automne, j'étais chez Ghiss. Il avait un frère beaucoup plus vieux que nous. Aussi lorsque son grand frère était absent, nous aimions bien aller dans sa chambre regarder ses posters de Kiss pis d'Iron Maiden, nous écoutions ses disques de Rush parce qu'il y avait une chanson qui nous faisait vraiment tripper de peur, pis on se rappelait jamais sur quel album la trouver... Ce jour-là, après avoir écouté notre toune, nous sommes montés regarder le baseball à la télé. C'était l'année où les Expos s'étaient rendus en finale de la Série de Championnat sensé les mener à la Série Mondiale. Tu t'en rappelle certainement. C'était magique. Montréal était baseball, que dis-je, le Québec entier l'était. À tel point que mon père en a profité pour claquer un coup de circuit. Bonsoioioioioioioirrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr! il est parti! Comme disait Jaques Doucet. Mais ça, c'était une autre histoire.


Donc, on regardait le match en mâchant de la gomme balloune, la mère de Ghiss était à préparer le souper pis moi je l'entretenais du cancer que pouvait causer le beurre en regardant du coin de l’œil la partie.  Je sais, à la lecture de ce troublant fait scientifique, tu as une pensé pour Maria Shneider... Quoi qu'il en soit le match avançait puis à la neuvième manche, le ciel s'écroula sur nos Zamours. Klak! Rick Monkey frappa un long circuit.  Ce son venait de mettre fin à la saison des Expos. Dévastés, Ghiss et moi regardions désespérément le gros téléviseur. Quelques minutes plus tard, la partie se termina tristement. Ce fut à ce moment que la caméra posa son objectif sur Gary. Le numéro 8 avait le visage défait par la défaite. Sans crier gare, ni terminus ou aéroport, il éclata en sanglot. Le ''Kid'' plongea son larmoyant visage dans ses mains, ses épaules tressautaient sous les sanglots longs. Là, je vis, je sus et compris,  bien avant qu'Éric et Dan ne le beuglent tristement, qu'un homme ça pleurait aussi. Leçon de vie. Je prenais des notes. Si un héros comme Gary Carter pouvait pleurer dans une situation aussi tragique, j'imaginais aisément qu'un petit Flash Gordon pourrait à l'occasion en verser quelques unes aussi.


Quelques semaines après la défaite des Expos, mon père devait venir me chercher pour passer la fin de semaine en son absente compagnie. J'avais même annulé un rendez-vous salivaire à la patinathèque. Entre deux tours de pistes à patin à roulettes, aux sons des chansons de Pat Benatar, The Police et Kim Carnes je devais frencher Annie ''la cochonne''... Ce vendredi soir-là, j'attendis tranquillement mon père. Patiemment et impatiemment. Puis vers huit heures et demi, c'était comme si mes adversaires venaient de claquer un gros circuit. Un klak résonna dans mon cœur et dans mon âme. Il ne viendrait pas. Le tabarnak! Il se prenait pour mon Rick Monkey. Klak! Un autre circuit! Mon père n'apparut pas. Klak! Encore! Je ne frencherais pas ''la cochonne''. Je fis un Gary Carter de moi-même. En moins de temps qu'il n'en fallait pour swingner une balle rapide dans le beurre cancérigène, mes yeux prirent l'allure des chutes Niagara, le romantisme kitch en moins. Je compris alors que les larmes étaient le lubrifiant de la tristesse. Ainsi, mes larmes me lubrifiaient abondamment  le chagrin qui en avaient grandement besoin. C'était le premier et le plus douloureux de tous mes spleens.


Ça faisait crissement mal. Heureusement! Mes larmes m'aidèrent à faire passer le motton. Quand j’eus finalement fini de brailler comme un receveur. J'en profitai pour écrire une carte de remerciement à mon maître es Larmes. Je lui écrivis simplement:  Merci Gary. Tu m'as appris à pleurer. Comme un homme. Amitiés flashgordoniennes. Signé un Flash reconnaissant.


Je sais mon cher lecteur qu'une question te traverse l'esprit. Pourquoi tant de larmes? C’était fort simple, j'avais de la peine parce qu'Annie ''la cochonne'',  outre sa sulfureuse réputation,  avait de jolis cheveux frisés et  un magnifique regard.  Une belle chevelure bouclée, où je fantasmais d'égarer mes doigts... Les cheveux de Gary. De beaux yeux bleus dans lesquels je rêvais de me perdre... Les yeux de Bette Davis. Trame sonore d'une initiation aux longs sanglots.








Adieu Gary!













Quand l'hymen d'amour d'Édith Paf nous montre les caquetantes dindes danser dans leur sombre basse-cour.




Hier, au téléjournal,  j'ai vu deux dindes glousser. Les deux stupides volatiles riaient d'une merde. Or, cette insignifiante fiente était leur œuvre, leur propre déjection. Nos deux cervelles d'oiseau regardaient de haut un crétin ayant mis grossièrement le pied dans leur caca. Un autre imbécile sans jugement qui devrait peut-être revoir son choix de carrière! Du haut de leur basse-cour, avec condescendance, elles caquetaient sur la bévue du type qui avait niaiseusement nourri leur bêtise et leur lâcheté politique. Nos deux gallinacées ne volaient pas haut. Trop pressées qu'elles étaient de montrer la merde sur le sol, elles ont été aveuglées au point d'en oublier que c'est leur gouvernement et leur parti qui branle dans le manche de l'établissement de règles claires en matière de laïcité.


Quelle ironie de voir Mesdames Line Beauchamp et Christine St-Pierre se draper d'indignation parce qu'un sans-génie a eu la brillante idée de charcuter l'Hymen d'amour d'Édith Paf. À la lumière de cette triste affaire, Flash se permet aussi de te parler d'enseignement. Est-ce qu'il ne faudrait pas revoir les critères d'admission des étudiants souhaitant devenir professeur? Ne vaudrait-il pas mieux  vérifier  la source avant de se questionner sur le robinet? Tandis que ce très brillant, caquetant et pragmatique Monsieur Legault te propose d'évaluer les profs à la performance comme on vérifie un saucissier à sa production de saucisses. Je te demande:  l'école est-elle une shop à saucisses?


Si oui, ne nous offusquons pas de voir l'hymen d'amour charcuté, il fera une excellente farce pour les dindons que nous sommes... Attablons-nous pour un grand festin à l'autel duquel nous sacrifions les valeurs indispensables et le bon jugement nécessaire au vivre ensemble comme à l'exercice du métier de prof! Bon appétit! Je prendrais un peu plus de farce et toi? Aimes-tu la farce dans la dinde?


Vas-y! Édith! Rocke moi la place! Yéa!










vendredi 10 février 2012

Quelques considérations à propos de la pomiculture, la paternité et la démocratie.




La semaine passée, je suis allé cueillir l'ineffable Lutin à l'école. Sortant de là, nous devisions joyeusement sur la journée que venait d'y vivre ma charmante progéniture. Ces précieux moments me remplissent toujours de bonheur. Au détour de la conversation, alors que je lui demandais ce qu'il avait retenu d'intéressant et pertinent, il s'esclaffa.


- On a parlé de démocratie! 


Je le regardai stupéfait, ébahi; puis avec le même entrain, le rire en travers de la gorge la petite peste lâcha:


- Bin non! J'te niaise!!!!!!!!
 

J'éclatai d'un grand rire en pensant en mon for intérieur que la pomme ne tombait jamais bien loin de l'arbre. Dans le peu de froid que nous offrait l'hiver 2012, nous avons continué à marcher et à jaser. Je posai une question  à mon lumineux fils.


- Toi, Lutin qu'est-ce que t'en pense de la démocratie?


Il me regarda, pris une grande respiration, puis dans un souffle une sage tirade passa entre ses lèvres juvéniles.


- Tsé Papa, te rappelles-tu de Jack Layton? Celui pour qui j'aurais voté si j'avais eu l'âge, tsé là, le beau vieux monsieur avec une belle moustache pour qui tout le monde a voté... bin yé mort. La démocratie, ça tue. Papa, faut faire bin attention.




Je secouais sa petite tête enfouie dans sa tuque avec une visière bleue. Le Lutin était une inépuisable et rafraichissante source de vérité et de sagesse pétillante de bon sens. Respect.



 







jeudi 2 février 2012

C'est arrivé près de chez nous.




La dernière fois que je suis venu ici, l’automne faisait rage mais pas autant que moi. En sortant, j’ai claqué la porte en oubliant l’adresse. J’ai déambulé dans la blogosphère, dans la toile puis, sans m’en rendre compte je me suis égaré. Je suis disparu. Victime d’un sombre magicien. Pouf! Zou! Disparition.

Certains s’en réjouissaient. D’autres s’en inquiétaient. Certaines en pleuraient même. On me croyait prisonnier d’affreuses ogresses pallophages. On m’imaginait au frais à l’horizontal dans un frigo de la rue Morgue. On me souhaitait peut-être même brûlant dans les flammes de l’enfer… Nada! C’était presque pire!

Je divaguais plutôt sur une ennuyante mer sans vague. J’errais. J’ai erré, plus perdu qu’un petit poucet, plus stupide surtout.  Je suis devenu un itinérant, un sdf du web, un hobo de la toile,  je sautais d’un lien à l’autre, en hurlant comme un Zombie-Tarzan. M’manquait plus que Cheetah mort-vivant…

Enfin, après des mois d’errances que je n’ai pas vu passés, je ne savais plus du tout où j’étais, dans le néant, loin de la blogosphère, flottant dans l’immense vacuité du web. Parfois, aux hasards de mon itinérance virtuelle, je traversais parfois mon quartier,   je passais près de mes blogs préférés sans reconnaitre le voisinage, sans retrouver le chemin du mien, ayant oublié ma maison.

Cependant, je te confirme que  se perdre,  ça ouvre l’appétit. Ainsi au détour d’une rue, je me suis dirigé vers l’épicerie, celle où le Président choisit les produits. J’y cueillais quelques denrées pour me sustenter. Arrivé devant les frigos des produits laitiers, dans la vitre sale, souillée de lait caillé, j’ai vu mon reflet. Mon visage me rappelait vaguement quelque chose… Puis prenant un carton de lait, j’ai vu le même visage que celui refléter par la porte de verre. Accompagnée du logo de ton blog favori, une adresse affichait ses criardes couleurs sous la photo, puis ce message : la clé est sous le paillasson, fais comme chez-toi. J’éclatai d’un grand rire flashgordonien. Ne faisant, ni une ni deux, je payai mes emplettes pour courir jusqu’ici.

Wow! Rien n’avait changé. Une douce musique abrasive électrifiait l’atmosphère  alors qu’une suave odeur de bière se mariait aux aromates de la révolte. Dans ce décor aussi futile qu’existentiel, le comique côtoyait le tragique.  Pour tout dire Flash Gordon contre-attaque était un authentique foutoir. Mais à ma grande joie,  c’était mon refuge, mon repaire, mon antre et j’y restais, reste et resterai pour ton plus grand plaisir. Je t’embrasse! Ne sens-tu pas ma langue?  Yéa!